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31.10.2007

L'ARGENT DES AUTRES

      Il semble exister un assez large consensus autour de l'augmentation de la rémunération du président de la République. Pourtant au delà des évidences mises en avant (la comparaison avec les stars du sport professionnel ou du show-biz que côtoie d'ailleurs avec jubilation Nicolas Sarkozy) je me pose cette question: La fonction de président de la République appelle-t-elle une rémunération? Si la réponse est oui, cela signifie que cette fonction a un prix. Si tel est le cas, comment est-il fixé ? Par rapport aux grands capitalistes, aux footballeurs et chanteurs déjà cités? Ainsi, conduire le destin du peuple français se réduirait à l'application d'un barême de rémunération? Vexant pour les électeurs...

      Nicolas Sarkozy s'est dans le même temps empressé de jeter une pierre dans le jardin de son prédécesseur qui cumulait salaire et retraite. Vu l'âge de l'actuel président et s'il s'applique l'allongement de la durée des cotisations qu'il s'apprête à nous infliger, il n'est effectivement pas prêt de toucher sa retraite. D'autant que d'ici là on peut espérer que nos concitoyens retrouvent leur lucidité.

      La vraie transparence serait de fixer des limites nettes et infranchissables entre dépenses privées et dépenses liées à l'exercice de la fonction. De même, on a pu mesurer lors de la dernière campagne présidentielle toutes les dérives d'un système qui mélait "habilement" déplacements officiels et réunions politiques.

       Les Français ont pris note de cette augmentation qui ne doit pas être confondue avec un chèque en blanc. Au fait, amis parlementaires de gauche...la presse a souligné l'absence de la plupart d'entre vous dans l'hémicycle au moment du vote. Vous êtes sûrs de ne pas mériter une petite retenue sur salaire ?

30.10.2007

NO PASARAN

      Le Vatican vient de béatifier 498 religieux tués pendant la Guerre d'Espagne. On ne peut s'empêcher de voir dans cette cérémonie une réplique au projet de loi de réhabilitation des victimes du franquisme dont les députés débattent aujourd'hui.

      Ainsi, pour le citoyen un peu distrait, Républicains et franquistes sont renvoyés dos à dos et aux horreurs d'une guerre où des atrocités ont été constatées des deux côtés. C'est oublier un peu vite que le conflit est né d'un soulèvement de l'armée contre la démocratie et la République. Les crimes de masse commis par les franquistes ne cesseront pas à la fin de la guerre. Plusieurs dizaines de  milliers d'éxécutions se dérouleront dans les années qui suivront. La dictature de Franco et ses oeuvres de basse police se poursuivront ensuite jusqu'en 1975.

      A Malaga, une association a exhumé plus de 4200 corps...Le conflit aura coûté la vie à des centaines de milliers d'Espagnols. Je tenais à évoquer ce sujet aujourd'hui car le comportement des dirigeants français à l'époque n'a pas été particulièrement glorieux.

L'ORDRE REGNE A AJACCIO

      Par la grâce de 2000 CRS, de périmètres de sécurité, de contrôles en tous genres, le président devrait pouvoir cheminer jusqu'à la préfecture d'Ajaccio dans une relative quiétude lui faisant croire qu'il est dans un département français où règne l'ordre républicain. Que penser d'un président qui soit fuit le contact, dernier exemple en date le lycée Carnot pour la lecture de la lettre de Guy Môquet, soit est entouré de moyens policiers démesurés. Rappelez-vous pendant la campagne électorale le déplacement à Meaux, chez Coppé.

      Cette illusion le conduira sans doute à renouveler ses fortes déclarations, lourdes de menaces pour les encagoulés qui n'en continuent pas moins par leur comportement à enfoncer la Corse dans le marasme. Qui aujourd'hui a envie d'investir en Corse ?

 

29.10.2007

LE GRAND MARCHE MONDIAL DE LA MAIN D'OEUVRE

      Alors que l'hebdomadaire britannique The Observer vient juste de révéler que l'enseigne américaine de vêtements GAP employait des enfants en Inde (comme il se doit, l'entreprise a été abusée par un sous-traitant...), le journal Libération publie aujourd'hui une information non moins scandaleuse qui nous concerne encore plus directement.

      Il s'agit de deux listes de métiers élaborées par le ministère de l'économie, des finances et de l'emploi. La première compte 152 métiers ouverts aux ressortissants des nouveaux Etats membres de l'Union Européenne. La seconde compporte 29 professions ouvertes aux non Européens en Ile de France.

      Cette vision d'une "immigration du travail" est scandaleuse à plus d'un titre. L'existence de deux listes distinctes est proprement hallucinante. Le serveur en restauration Polonais est accueilli les bras ouverts mais pas le Sénégalais qui exerce le même métier. La plupart des métiers proposés aux non Européens sont d'ailleurs des professions qualifiées. Après avoir pillé les ressources naturelles de ces pays, les Occidentaux vont désormais s'attaquer à leurs élites. En outre, les conditions d'embauche offertes à ces cadres et techniciens ne seront pas les mêmes que celles qui prévalent pour nos concitoyens (pour combien de temps encore ?). On voit bien le risque de nivellement par le bas en matière de salaires et de protection sociale.

       C'est une offensive de plus vers le tout libéral. C'est la négation même de ce co-développement qui est pourtant la seule réponse pérenne qui puisse être apportée en réponse à tous les défis auxquels est confrontée la population mondiale.

28.10.2007

EVITER LE PIEGE DU TRAITE SIMPLIFIE

    C'est sans état d'âme à mon sens que le parti socialiste doit s'abstenir de soutenir le projet de traité simplifié. Les raisons de le refuser tiennent autant à la forme qu'au fond.

    Sur la forme d'abord: les Français se sont exprimés directement par la voie du référendum en 2005. Nous nous rappelons le sens majoritaire de leur vote. La démocratie ce n'est pas tenir compte de l'avis du peuple uniquement lorsqu'il est conforme à ce que l'on voudrait qu'il soit. Si Nicolas Sarkozy peut légitimement contribuer à relancer les travaux autour d'un nouveau traité, l'aboutissement de la démarche passe par une nouvelle consultation des Français. Alors que nous entendons développer la démocratie participative, nous ne pouvons dans le même temps cautionner l'approche gouvernementale sur un sujet aussi important.

Sur le fond maintenant: c'est abusivement que ce traité est présenté comme "simplifié". Il renvoie constamment aux traités de Rome et de Maastricht obligeant à chaque instant à une petite gymnastique embrouillante. La suppression du drapeau  et de l'hymne européens est affligeante. Les Français les considèrent positivement. Le non à la constitution européenne reposait sur des considérations autrement plus profondes. Même les modifications proposées pour rendre les institutions  et les prises de décisions plus faciles et plus efficaces sont largement atténuées par les exceptions diverses au profit du Royaume Uni, de l'Irlande et de la Pologne. A ce titre, il convient de souligner que la charte des droits fondamentaux devient un texte séparé du traité et qu'elle ne s'impose pas à la Pologne et au Royaume Uni...

Etre contre ce traité simplifié et son mode d'adoption, ce n'est pas être contre l'Europe. La situation mondiale justifie plus que jamais la construction européenne. Mais c'est d'une Europe des peuples, de progrès, dont nous avons besoin, pas d'une Europe qui ne serait que le faux-nez d'un libéralisme effréné.

27.10.2007

IL FALLAIT QUE JE VOUS DISE...

ELLIO, ELéphant et LIOnceau, ni éléphant ni lionceau.

    Tel est le message que je voudrais faire passer à l'occasion de l'ouverture de ce blog dans le contexte actuel des désaccords au sein des instances nationales du parti socialiste. Récent militant de la section de Cholet (je fais partie des nouveaux adhérents à 20 euros comme disent certains avec un soupçon de condescendance...en oubliant que ces adhérents sont venus booster les dernières campagnes électorales. Si certains d'entre eux se sont découragés, d'après vous à qui le doit-on?) je suis en effet pour ma part toujours aussi motivé par mon engagement dans un contexte qui n'a jamais été aussi préoccupant.

    Ceux qui prétendent que le  clivage gauche-droite a vécu se trompent lourdement. La situation actuelle en France et dans le monde nous montre bien l'enjeu: soit nous serons assez forts pour lutter et poursuivre sur la voie du progrès  pour tous en préservant notre planète, soit nous subirons une régression générale de notre condition qui commence d'ailleurs à se manifester. 

    Que les socialistes, et la gauche toute entière d'ailleurs, cessent de gaspiller leur temps et leur énergie dans des querelles stériles. Qu'ils se focalisent plutôt sur les premières mesures de l'actuel gouvernement, qu'ils construisent enfin  un vrai projet européen et qu'ils oeuvrent pour des instances internationales dotées de réels pouvoirs pour prendre les décisions qui s'imposent pour préserver notre planète.  

    Ce n'est pas tant d'une rénovation dont le parti socialiste a besoin, surtout si elle sert d'alibi à l'abandon de ce qui constitue les fondements de notre engagement, que d'un retour à ses valeurs et à de justes combats. Le vocabulaire sportif étant actuellement à la mode, je dirais que le team socialiste a besoin d'un(e) coach capable de souder l'équipe, de lui rappeler ses fondamentaux et de souligner qu'il vaut mieux regarder le but adverse que ce qui se passe dans les tribunes.

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