29.08.2008

L'ECRAN DE FUMEE DU FINANCEMENT DU RSA

      La presse en fait des tonnes depuis deux jours sur le financement du revenu de solidarité active (taxe sur les revenus de capitaux) qui selon elle, mettrait la gauche en difficulté, en la contraignant à approuver cette décision. La droite, pendant ce temps, hurle à la mort en déclamant qu'on lui arrache le coeur. Tout ceci est bien orchestré car à la vérité, au nom des revenus du capital, vont se retrouver taxés les 12 millions de Français titulaires d'un contrat d'assurance-vie, les 6,5 millions de petits actionnaires et les 4 millions de foyers déclarant des revenus fonciers. Ce ne sont certes pas les plus malheureux mais ce ne sont pas non plus les plus riches, ceux par exemple qui bénéficient du bouclier fiscal. Nicolas Sarkozy ne pouvait pas reculer sur le RSA, mais comment le financer alors que les caisses sont vides sans faire trop de mal aux grosses fortunes ? Il vient de trouver la solution.

27.08.2008

VOUS AVEZ GAGNE LE POIDS DE VOS MILITAIRES EN DECHETS NUCLEAIRES

        L'agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA) est en pleine prospection pour trouver la localité qui aura l'honneur d'accueillir un site d'enfouissement de déchets radioactifs. C'est l'Est de la France qui a des "chances" de tirer le gros lot. Et ce d'autant plus que ce genre d'installation s'accompagne d'une manne financière à laquelle certaines communes en passe de perdre leurs régiments pourraient bien ne pas rester insensibles. Ou comment passer de l' activité de l'armée à la radioactivité.

26.08.2008

C'EST AUX MILITANTS DE DECIDER

      Ce sont les militants socialistes qui désigneront le premier secrétaire de leur parti. Cette affirmation semble une évidence. Pourtant, ce week-end, Pierre Moscovici a proposé qu'il en soit différemment et que des primaires soient ouvertes à tous les sympathisants de gauche qui moyennant 5 euros pourraient voter.

Cela m'évoque la chanson La vente aux enchères de Gilbert Bécaud:

Mise à prix, mise à prix : cinq sous.
Cinq sous, allons messieurs, s'il vous plaît.
Cinq sous, cinq petits sous.
Cinq sous, c'est pas beaucoup !
Cinq sous, allons allons, cinq sous.
Cinq sous, à qui dit mieux...

      Cela me fait également penser qu'il n'y a pas si longtemps, certains, peut-être les mêmes, dénonçaient les adhésions à 20 euros et le choix de la candidate sous la pression des sondages et des médias...

RECOMPOSITION OU DECOMPOSITION

       La rentrée sera marquée à gauche par trois démarches: l'initiative prise par Daniel Cohn-Bendit pour rassembler différents mouvements écologistes, la création du Nouveau Parti Anticapitaliste engagée par Olivier Besancenot  et last but not least, la rénovation promise lors du Congrès du Parti Socialiste. La conclusion de ces trois démarches peut déboucher soit sur une recomposition de la gauche porteuse d'une reconquête du pouvoir soit sur une décomposition dont elle aura bien du mal à se remettre avant longtemps.

        Cette recomposition synonyme d'une prochaine alternance appelle un certain nombre de conditions à remplir. Premièrement que le Parti Socialiste réussisse son Congrès ce qui se traduit pour moi par l'adoption d'un programme sans ambiguité, ne cherchant pas à ménager la chèvre et le chou (ne cherchez pas qui se cache derrière les termes de cette expression, ce serait pure malveillance de votre part, vous voyez vous ne pouvez pas vous en empêcher !). Deuxièmement que Olivier Besancenot et Daniel Cohn-Bendit  ne se trompent pas d'adversaire et au-delà de finalité: leurs démarches n'ont d'intérêt que s'il s'agit d'aller chercher une partie des Français qui s'abstiennent désormais ou qui ne croient plus à la réalité d'une autre politique. Enfin, et cela découle logiquement de la remarque précédente, les alliances et désistements devront être sans faille lors des différentes élections et au sein des assemblées qui naitront de ces scrutins.

22.08.2008

LE COURANT NE PASSE PAS

 

      Ce qui fait rire ou passionne les gens est à mon sens un bon indicateur du degré de décadence d’une société. Sur ce point notre pays semble assez mal parti. On croyait avoir tout vu avec les réality shows en matière de surenchère dans la débilité et le vulgaire. Malheureusement, depuis cet été, deux nouvelles pièces sont à verser au dossier. On a tout d’abord vu un petit gamin jouer au torero devant des familles ébaubies. L’histoire ne dit pas si leurs gosses, au retour à la maison ont essayé de faire la même chose avec des fourchettes sur le dos du chien.

       Puis ces jours derniers, un forain a trouvé amusant de proposer aux badauds un simulacre d’exécution par chaise électrique. Il n’a pas osé remplacer le mannequin par des passants « mesdames et messieurs, une attraction unique au monde, venez tester notre chaise électrique, ressentez les sensations du condamné… » Le pire est qu’il gagnerait de l’argent….

19.08.2008

MOURIR A KABOUL

       Fallait-il en arriver là pour que dans les jours qui viennent on reconsidère à nouveau la légitimité de notre présence en Afghanistan ? Pouvons-nous être vraiment crédibles lorsque nous nous insurgeons contre l'agression russe en Géorgie ? Sommes nous obligés de suivre les Américains dans cette affaire ? Un seul Taliban a-t-il menacé l'intégrité de notre pays ? Ceux que vilipendons aujourd'hui ne seront-ils pas un jour défendus par ceux-mêmes qui les ont combattu au nom de je ne sais quelle raison ? Bien sûr que les Talibans représentent l'obscurantisme et l'oppression. Mais le gouvernement n'en soutient-il pas d'aussi condamnables dans d'autres contrées ? Le président de la République ne reçoit-il pas des tyrans aussi abjects ?

Dix gars n'ont plus à se poser ces questions.

18.08.2008

CARLA BRUNI AIME LES OURS

       Carla Bruni soutient une juste cause: les sans logis ? Le sort réservé aux sans papiers ? Les salariés licenciés par des entreprises qui veulent augmenter leurs profits immédiats ? Les victimes des guerres où Russes et Américains se disputent les ressources mondiales en énergie ? les dissidents de Chine ou d'ailleurs ? Bernard Kouchner ? (c'est vrai que la cause est désespérée) ? Non vous n'y êtes pas. Carla Bruni soutient la cause des ours. Quitte à soutenir la cause de ces aimables plantigrades, il serait préférable de s'attacher à celle de leurs cousins des pôles qui voient leur territoire se réduire de jour en jour. Il lui faudrait en toucher un mot à Sarkoala.

13.08.2008

GOUVERNANCE MONDIALE: IL FAUDRA BIEN Y VENIR

       Les récents évènements en Géorgie viennent conforter ma conviction que seule une véritable gouvernance mondiale peut éviter de nous précipiter vers le dernier chaos avant disparition. Institutions sans véritables moyens de faire exécuter leurs décisions dés lors que celles-ci s'appliquent à un des "grands" ou de ses proches alliés, droit de véto, lourdeur des procédures, mélange des genres entre intérêts nationaux, marchandages diplomatiques et économiques, telle est la situation aujourd'hui.

       Parallèlement, les difficultés ont pris une dimension planétaire: pollution, commerce, finances, énergie, matières premières, ressources alimentaires, eau, nucléaire civil et militaire...Pour tous ces dossiers, les décisions à prendre le sont à l'échelle du globe et doivent s'imposer à tous.

       Nous allons connaître dans les prochaines années un monde d'hégémonie multipolaire: Etats-Unis, Russie, Chine vont se constituer des espaces privilégiés avec leurs alliés, se tailler des empires leur garantissant approvisionnement en pétrole, en matières premières, en eau, en terres cultivables. Ces puissances vivront dans une coexistence relativement pacifique, se contentant de soutenir telle ou telle rebellion qui leur permettra d'avoir de nouveaux vassaux et d'agrandir un peu leur sphère d'influence et de grignoter celle du voisin...jusqu'au jour où: plus assez de pétrole, plus assez d'eau, plus assez de matières premières...

       C'est maintenant qu'il faut agir. Première étape: C'est maintenant qu'il faut reconstruire une Europe porteuse d'une autre vision, capable de fédérer la même volonté d'un grand nombre de nations autour de l'intérêt général. Deuxième étape: des règlementations mondiales s'appliquant à tous notamment dans le domaine des normes environnementales, du commerce et du travail, de la finance, du prix de l'énergie et des matières premières. Certaines ressources comme l'eau doivent être considérées comme richesse collective...

       Il s'en trouvera sans doute pour trouver que tout cela est utopie. Il va falloir se décider vite car en revanche, notre prochaine disparition si nous continuons sur notre lancée n'a rien d'une illusion.

10.08.2008

KOUCHNER PARLE POUR NE RIEN DIRE

       Indigente intervention de Bernard Kouchner lors du 20 heures de France 2 hier soir au sujet du conflit en Géorgie. Le ministre des Affaires Etrangères de Nicolas Sarkozy s'est limité à condamner la guerre (c'est bien le moins). Il voit dans ce conflit un enjeu microscopique alors que les observateurs notent au contraire que les velléités d'adhésion à l'OTAN de la Géorgie, la perspective de la réalisation d'un nouvel oléoduc depuis la mer Caspienne ne traversant pas la Russie, les rapports de force entre Russie et Etats-Unis dans les anciennes républiques soviétiques sont pour le moins autant de raisons de s'inquiéter de cette guerre. Refusant de s'exprimer sur les responsabilités russes (le syndrome chinois ?) Bernard Kouchner minimise les divergences entre les différents pays de l'Union Européenne sur l'appréciation de la situation et la position à adopter. Nous aurons malheureusement l'illustration dans les prochains jours que l'Union Européenne n'existe pas sur le plan de la politique étrangère.

Pour revoir l'intervention de Bernard Kouchner: http://jt.france2.fr/20h/

08.08.2008

COMMERCE EXTERIEUR: MEDAILLE D'OR DU DEFICIT

       Avec plus de 24 milliards d'euros de déficit au premier semestre, notre commerce extérieur n'a jamais connu plus mauvais résultat. Comme l'on pouvait s'y attendre, la secrétaire d'Etat au commerce extérieur n'a pas manqué d'invoquer le coût du pétrole et l'euro fort. A croire que la France est la seule à payer son pétrole et à disposer de l'euro comme monnaie. La vérité est ailleurs. Au lieu de tout miser sur des contrats mirobolants de multinationales, au lieu de privilégier des groupes plus financiers qu'industriels recherchant une rentabilité immédiate pour les actionnaires, il serait nettement préférable de mettre en place des dispositifs visant à favoriser et faciliter les exportations de nos PME, véritable gisement de savoir-faire et de compétences. Il serait également opportun de consolider ces savoir faire par une  un développement des formations, de la formation initiale à l'université, en passant par la formation continue au lieu de casser notre système éducatif. Enfin, le développement des entreprises repose sur des salariés sécurisés et intéressés aux résultats, ce qui est source de motivation et non sur une précarisation toujours plus forte.

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