11.11.2008
COMMEMORATION
Le rapport Karpi bientôt remis à Nicolas Sarkozy, qui dénonçait lors de la campagne présidentielle un "penchant exagéré à la repentance", préconise de réduire le nombre de commémorations. Avec une préoccupation inverse à celle de Nicolas Sarkozy, je propose d'aller plus loin encore et de ne conserver qu'une seule journée du souvenir qui présenterait en revanche un caractère mondial. En effet, ce sont actuellement les victoires qui sont commémorées. Or les victoires des uns sont les défaites des autres. Pourtant, le point commun à tous ces conflits est bien que des citoyens ont été entraînés la plupart du temps dans des guerres dont les justifications réelles (assurer une hégémonie, considérations géopolitiques ou économiques) étaient bien loin des raisons avancées officiellement. L'actuelle guerre en Irak nous en donne une démonstration patente. Cette journée mondiale du souvenir concernerait aussi bien les victimes civiles que militaires. Les nouvelles guerres se traduisent en effet de plus en plus par une augmentation des morts dans la population toute entière. Les risques liés à l'utilisation de nouvelles armes (nucléaires, bactériologiques, chimiques), les nouvelles formes que prennent les conflits ("purifications ethniques", attaques suicide) amplifient cette évolution.
Les pouvoirs en place ne seront naturellement pas favorables à une telle proposition. Car, déconnectée d'un conflit en particulier, cette journée permettrait de dénoncer l'essentiel, la folie criminelle de la plupart de ces guerres, l'enrichissement de quelques uns qu'elles auront permis, l'incurie de ceux qui les ont menées...N'oublions pas que la France compte parmi les premiers pays exportateurs d'armes.
Cette journée mondiale du souvenir nous renvoie une nouvelle fois à l'émergence de véritables instances internationales, affranchies des intérêts particuliers. Pour ce qui nous concerne, Français, c'est tout d'abord la construction d'une véritable politique européenne de défense. C'est ensuite agir pour que l'ONU dispose d'une réelle capacité à intervenir (capacité politique et capacité logistique) afin de cesser d'être ridiculisée à chaque fois qu'elle est sensée s'interposer entre deux belligérants. Mais une fois de plus Nicolas Sarkozy a fait fausse route. Plutôt qu'agir en ce sens, il a préféré rejoindre l'OTAN, instrument de guerre et non de paix.
10:58 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : société, politique



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