31.03.2009

NON AUX PRIMAIRES OUVERTES AU PS

        La folie Obama continue. Voilà que le PS s'entiche des primaires à l'américaine. Si Obama a été élu c'est parce que c'était Obama, une personnalité, un programme, et non parce que le système de désignation du candidat est meilleur. Est-ce que François Mitterrand a eu besoin de primaires pour susciter l'adhésion et rassembler une majorité sur son nom? Je ne demande pas à désigner le candidat de la droite. Si tel était le cas, je voterais pour le moins performant, naturellement. Des primaires ouvertes, c'est encore céder à la médiatisation, aux grandes messes, aux petites phrases, à la surenchère, au populisme...La politique n'est pas un spectacle, sans parler des moyens financiers que les primaires nécessitent. Gaspillage qui serait inadmissible, a fortiori dans le contexte actuel. Le candidat ou la candidate socialiste doit être désigné par les militants socialistes.

30.03.2009

FAIRE QUE LA FRANCE NE DEVIENNE PAS L’ITALIE

 

        L’élection au suffrage universel de nos dirigeants ne doit pas nous apparaître comme une garantie absolue sur la stabilité des grands équilibres démocratiques, fondements de notre république. Au-delà des sérieux coups de canif dans le contrat que nous connaissons ici, la situation en Italie est très révélatrice à cet égard. Gérard Biard, journaliste à Charlie Hebdo nous indique que sous couvert d’une loi renforçant la protection des femmes contre les violences sexuelles (on rappellera sur ce point que Silvio Berlusconi avait déclaré : « les viols sont inévitables, les femmes italiennes sont tellement belles ») il est désormais permis, à l’initiative du maire et avec l’autorisation du préfet, de mettre en place des « rondes citoyennes ». Ces milices ne pourront pas recevoir de fonds publics mais pourront être « sponsorisées ». Vous imaginez : bonsoir monsieur, le coup de matraque que vous venez de recevoir sur la tête vous est offert par Synthol. Synthol, çà fait du bien où çà fait mal !

       Trêve de plaisanterie. Car plusieurs grandes villes italiennes « bénéficient » déjà des services de ces vigiles dont l'uniforme tire sur le brun, qui traquent particulièrement les étrangers, comme vous pouvez le penser. On peut par ailleurs imaginer ce que donnera « la protection citoyenne » en Sicile, en Calabre ou à Naples…

28.03.2009

PETITES LECONS D' ECONOMIE

        Nos dirigeants ayant ces derniers temps une particulière propension à nous faire prendre des vessies pour des lanternes lorsqu'il s'agit de justifier par exemple les aides aux banques ou le maintien du bouclier fiscal, je cède bien volontiers la plume à Bernard Maries qui dans un récent numéro de Charlie Hebdo nous rappelait à peu près ceci:

Définition de l'économiste: le guignol toujours capable d'expliquer après coup ce qu'il n'a jamais pu prévoir

La titrisation des subprimes avait pour but d'éliminer le risque en le diluant. Pourtant, quand on met une pomme pourrie dans un panier, tout le panier pourrit.

J'ai un portefeuille d'actions qui valait 100. Grâce à ces 100, j'ai pu emprunter 100. Si la Bourse s'effondre et que mes actions ne valent plus que 50, je dois toujours rembourser les 100 que j'ai empruntés. Si on me donne 50, je m'en sert pour rembourser mes 100. Je ne contribue en rien à la relance de l'économie.

On découvre tous les jours des bilans réactualisés des pertes. Les PDG des banques sont payés très très chers, mais ne savent pas lire un bilan?

Réalise-t-on que les banques qui disparaissent suite aux fusions sont des banques mutualistes?

24.03.2009

OBAMA: LA DOUCHE FROIDE

        Lors de l'élection de Barack Obama, et ici-même, j'avais indiqué que son grand mérite était d'avoir évité à la planète l'élection d'un président dans la lignée de Bush mais que pour autant l'enthousiasme délirant dont ses supporters européens faisaient preuve était quelque peu exagéré.  Le Forum mondial de l'eau qui vient de s'achever me donne raison puisque les Etats-Unis ont refusé de signer la déclaration finale qui appelait simplement à l'urgence d'une action face à la menace sur la ressource. Comme je l'ai également écrit ici, l'eau fait partie des richesses naturelles qui doivent devenir un patrimoine commun à l'humanité et ne plus pouvoir faire l'objet de spéculations ou de calculs géopolitiques. Après la guerre du feu, la guerre de l'eau, et au XXIème siècle !

22.03.2009

LES BRAS M'EN TOMBENT

         Il ne faudrait pas croire que la situation que nous connaissons actuellement, la dérive de nos sociétés, sont en totalité imputables aux personnalités politiques. La place des comportements individuels reste prépondérante (d'ailleurs, qui les a élus?). On est à cet égard souvent affligé sur ce point à la lecture de la presse. Ainsi, dans Libération cette semaine, on pouvait lire que des téléspectateurs de la BBC protestaient avec véhémence auprès de la chaîne pour la raison suivante: la présentatrice d'une émission pour les enfants paraît à l'écran sans dissimuler qu'elle n'a pas d'avant-bras droit. Ainsi va la stupidité d'une partie de nos concitoyens. Les animateurs de télévision doivent être jeunes, beaux et en bonne santé. Pas question pour ces téléspectateurs d'expliquer à leur enfant qu'on peut naître sans bras, ou le perdre à la suite d'un accident mais que pour autant on peut continuer à vivre normalement et même passer à la télévision. Parions qu'ils sont moins regardants lorsqu'il s'agit de laisser leur chère progéniture devant un jeu vidéo où celui qui gagne est celui qui découpe en tranches le maximum d'adversaires. Tout cela fera de jolis petits consommateurs individualistes.

18.03.2009

TAUX D'IMPOSITION: LE MAUVAIS ALIBI DE L'ACTIVITE ECONOMIQUE

Un des arguments ressassés par la droite pour justifier le bouclier fiscal consiste à considérer que trop d'impôt tue l'activité économique et l'initiative. En réponse à cet argument éculé, laissons la parole à l'économiste Thomas Piketty (Libération cette semaine):

" En 1932, quand Roosevelt arrive au pouvoir, le taux de l’impôt fédéral sur le revenu applicable aux plus riches était de 25 % aux Etats-Unis. Le nouveau président décide de le porter immédiatement à 63 %, puis 79 % en 1936, 91 % en 1941, niveau qui s’appliqua jusqu’en 1964, avant d’être réduit à 77 %, puis 70 % en 1970. Pendant près de cinquante ans, des années 30 jusqu’en 1980, jamais le taux supérieur ne descendit au-dessous de 70 %, et il fut en moyenne de plus de 80 %. Cela n’a pas tué le capitalisme et n’a pas empêché l’économie américaine de fonctionner. Pour une raison simple : ces taux ne s’appliquaient qu’à des revenus très, très élevés. En 1941, Roosevelt fixe le seuil du taux de 91 % à 200 000 dollars de l’époque, soit 1 million de dollars d’aujourd’hui (770 000 euros). Or à ces niveaux de revenus, ce ne sont pas les compétences ou le dynamisme que l’on rémunère : ce sont la rapacité, le court-termisme et des prises de risque excessives. Il ne s’agissait donc pas de matraquer n’importe quel cadre supérieur ou entrepreneur sortant du lot, ce qui aurait été dévastateur économiquement. En France, comme dans la plupart des pays développés, le taux supérieur atteint 90 % pendant l’entre-deux-guerres, puis se stabilisa autour de 70 % pendant les Trente Glorieuses - ce qui n’a pas empêché des taux de croissance économique de l’ordre de 4 % à 5 % par an tout au long de cette période.

Puis Reagan et Bush père et fils décidèrent, pour des raisons purement idéologiques, d’abaisser brutalement le taux supérieur à environ 30 %-35 %, soit à peine plus que les niveaux appliqués avant 1932. J’ai acquis la conviction que ce tournant fiscal explique pour une large part l’invraisemblable progression des inégalités observée aux Etats-Unis depuis les années 80, avec pour conséquence un transfert de l’ordre de 15 points de revenu national en direction des 1 % les plus riches et la stagnation du pouvoir d’achat du reste de la population. Les cadres dirigeants des grandes entreprises ont pris le contrôle et se votent à eux-mêmes des revenus exorbitants, sans rapport avec leur productivité. Pour une raison économique simple : pour ces fonctions peu réplicables, les productivités individuelles sont impossibles à mesurer. Dans le secteur financier, ces rémunérations indécentes ont en outre stimulé des comportements insensés en termes de prise de risque et ont clairement contribué à la crise actuelle. Face à une telle dérive, la seule réponse crédible est une taxation accrue des très hauts revenus - solution qui commence à émerger aux Etats-Unis et au Royaume-Uni et qui finira bien par atteindre la France, si Nicolas Sarkozy parvient à comprendre que le bouclier fiscal est l’erreur de son quinquennat.

Le bouclier fiscal peut avoir un sens pour des revenus «normaux», y compris ceux nettement plus élevés que la moyenne (100 000 euros par an, voire d’avantage) - à condition toutefois de pratiquer une vérité fiscale complète, en intégrant la fiscalité indirecte, qui pour les bas revenus représentent plusieurs mois de salaire. Mais appliquer le bouclier fiscal sans aucun plafond n’a aucun sens. Antoine Zacharias, patron de Vinci, a ponctionné 120 millions d’euros de rémunérations à son entreprise. Au nom de quelle folie idéologique devrait-on lui garantir qu’il conservera quoi qu’il arrive 50 % de cette somme ? Même avec un taux d’imposition de 90 %, cela lui laisserait tout de même 10 millions d’euros d’argent de poche…"

16.03.2009

LES BANQUIERS AUX PARADIS

         Instructif article du Monde samedi. Alors que les discours et les condamnations les plus sévères se succèdent pour faire croire aux Français que le ménage va être fait dans la finance internationale, larmes de crocodile, le quotidien nous indique que BNP Paribas compte 189 filiales dans les paradis fiscaux, le Crédit Agricole 115, la Banque Populaire 90, la Société Générale 57, Dexia 15 et même la Banque Postale 1. De quoi sérieusement s'interroger sur la réalité des comptes mis en avant pour justifier l'attribution de fonds publics, de quoi sérieusement s'interroger sur leur destination finale.

15.03.2009

BENOÎTEMENT

        On ne manque pas (à juste titre) de dénoncer le fanatisme des islamistes et la chape de plomb qu'ils font peser sur l'évolution de l'humanité qui n'a pourtant pas besoin de cela pour se complaire dans des schémas qui nous entraînent vers la catastrophe. On est moins prolixe en ce qui concerne l' Eglise catholique qui semble vouloir rivaliser dans l'obscurantisme avec les précédents cités. Derniers exemples en date, la levée de l'excommunication pour un évêque révisionniste (du coup cela me fait penser à ceux qui ont protégé le milicien Touvier) et excommunication d'une équipe de médecins brésiliens ayant pratiqué un avortement sur une gamine de 9 ans violée par son beau-père (lequel en revanche n'a pas été excommunié). C'est urbi et orbi que je vous souhaite une bonne nuit.

13.03.2009

OTAN DIRE NON

        Nicolas Sarkozy s'emploie à banaliser dans l'opinion la présence de la France au sein du comité militaire intégré de l'OTAN. Ce n'est pourtant pas anodin et peut être lourd de conséquences comme déjà d'ailleurs la participation même à l'OTAN. La solidarité entre les nations signataires implique qu'en cas d'agression contre un des membres, les participants seraient conduits à intervenir. Principe de solidarité louable estimeront certains. Certes, mais à la condition que cette agression ne résulte pas elle-même d'une politique belliciste qui était sur le point de conduire les Etats-Unis à s'engager par exemple dans un conflit contre l'Iran. La seule démarche collective qui vaille en matière de défense serait une approche au sein de l'Union Européenne.

12.03.2009

TVA à 5,5% : LES RESTAURATEURS VONT SURTOUT RESTAURER LEURS MARGES

 

       La France a fini par obtenir la réduction de la TVA au taux de 5,5% pour la restauration. Il y aurait naturellement lieu de s’en féliciter pleinement si comme les professionnels l’avaient promis à Jacques Chirac, cette baisse se traduisait par des créations d’emplois ou une diminution sur l’addition. Or les restaurateurs déclarent déjà qu’ils ont besoin de sauver leurs entreprises avant de parler embauche ou d’abaisser les prix sur leurs cartes (Ouest-France 11 mars). Ces mêmes restaurateurs n’excluent pas non plus une arnaque du gouvernement qui consisterait à compenser la perte que représente pour le budget de l’Etat cette diminution de la TVA par une suppression des aides spécifiques au secteur (1,5 milliard d’euros).

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