31.08.2009

DE QUI FAUT-IL LIBERER LIBERATION?

       Curieuse, cette pleine page d'autopromotion dans les dernières éditions du journal Libération qui interroge: "tutoyer le président, c'est être plus proche de l'information ou du pouvoir? Suit l'affirmation suivante: "Libération, l'information est un combat." A cela on pourrait répondre qu'il est des moyens plus discrets et subtils d'être proches du pouvoir tout en feignant la distanciation qui sied à un journal de gauche. On peut par exemple critiquer le président de la République sur la page de droite (cela ne surprend pas le lecteur) et critiquer le parti socialiste sur la page de gauche (plus étonnant, donc plus remarqué). On peut aussi en tant que rédacteur en chef être invité à des débats radiophoniques ou télévisés pour représenter la gauche et finir par éreinter ceux que l'on est censé représenter...

 

24.08.2009

150 MILLIONS DE REFUGIES, ET MOI ET MOI

 

        Pendant qu' Eric Besson traque le clandestin, l'ONU indique qu'en 2050 la planète pourrait compter au moins 150 millions d'exilés climatiques contraints de fuir des pays submergés ou atteints par une sécheresse sans précédent en raison du réchauffement planétaire (ce chiffre est considéré comme sous-estimé par différentes ONG). Ces réfugiés n'existent pas pour l'actuelle Convention de Genève. Une fois de plus, c'est à une organisation internationale (ONU) qu'il reviendrait de traiter ce dossier, sous peine de voir émerger des dispositions nationales dont on voit bien ce qu'elles pourraient être.

22.08.2009

LA CARPE, LE LAPIN ET LA COULEUVRE

         On ne sait quel qualificatif attribuer à l'alliance entre de de Villiers et Sarkozy: pathétique, affligeant, surréaliste...Les électeurs de droite vont-ils avaler cette couleuvre dont le seul but est, pour l'un de reprendre à la gauche la région des Pays de la Loire, et pour l'autre de sauver ce qui reste de son parti aux finances exsangues. On notera par ailleurs à cette occasion, que les commentateurs montrent une fois de plus les limites de leur indépendance. Eux qui se montraient si prolixes et se répandaient en propos moqueurs sur la constitution de listes de gauche aux Européennes deviennent soudain plus discrets lorsqu'il s'agit de s'exprimer sur cette alliance de la carpe et du lapin ( c'est sans doute pour cela qu'ils sont rejoints par chasse pêche, nature et tradition).

14.08.2009

PRESSE D' ETE

       Avec l'été, la presse se met au diapason de la société française, pour laquelle sous prétexte de l'exercice annuel et rituel des vacances, les problèmes du monde doivent laisser la place à la futilité et à l'insouciance. Jugez-en vous-mêmes à l'épaisseur de vos quotidiens et aux articles qui y figurent. Quant à nos dirigeants, ils sont eux aussi aux abonnés absents, il faut nous contenter de Nicolas à la plage. De temps en temps, un scoop: Nicolas avec un livre.

       Au-delà de ces comportements, soulignons la contradiction de notre société: pendant dix mois de l'année, une vie axée sur le travail sans lequel point de reconnaissance de l'individu, ni économiquement, ni socialement. Mais durant deux mois, point de salut sans vacances, si possible les plus loufoques et les plus débridées. Il va de soi que cet engouement passe bien au-dessus de la tête de la grande majorité des populations dans le monde et ajoute un élement de frustration supplémentaire pour les plus démunis dans notre propre pays.

12.08.2009

AUNG SAN SUU KYI: QUE FAIT LA FRANCE?

       L'agitation stérile ne tient pas lieu de diplomatie. La France vient une nouvelle fois de se distinguer par une réaction piteuse face à la condamnation d' Aung San Suu Kyi. D'une part Nicolas Sarkozy en appelle à l'Europe (ce qui en l'état actuel d'une politique étrangère commune encore à l'état gazeux n'engage pas à grand chose) et d'autre part demande que les sanctions s'exercent sur le bois et les rubis. De gaz et de pétrole, il n'en est en revanche pas question, et pour cause, il ne faut pas fâcher les dirigeants de Total, d'autant qu'un rapport désormais célèbre de Bernard Kouchner, délivre un brevet de vertu à leurs méthodes d'exploitation en Birmanie.

11.08.2009

L' APPÂT DU GRAIN

         Je n'ai pas été le dernier, et ici même, à dénoncer la spoliation des producteurs agricoles par la grande distribution et les intermédiaires. Cela ne fait pas pour autant de ces producteurs des modèles de vertu. Le quotidien Le Courrier de l'Ouest nous apprend ce matin que certains ont perdu des sommes importantes en voulant spéculer sur le blé. Tablant sur une pénurie et une hausse des cours comme en 2007-2008, certains ont en effet cru bon de stocker leur récolte au lieu de la vendre. Mauvais calcul car les années se suivent et ne se ressemblent pas forcément. A trop vouloir gagner et à jouer au petit trader des campagnes, ils ont perdu. Cette fois, nous ne les plaindrons pas.

10.08.2009

LA CRAU EST A CRAN

        La fuite sur un pipeline de la SPSE ( Société du Pipeline Sud Européen) dans une réserve naturelle de St Martin de Crau s'est traduite par 3 à 4000 m3 de pétrole répandu, occasionnant de lourds dommages à cette zone classée Natura 2000. Les procédures de surveillance et d'alerte sont d'ores et déjà mises en cause. On rappellera que Total (27,8%), Exxon (22%), BP (12,10%) Shell (10,32%) et BASF (10%) sont entre autres, actionnaires de SPSE (source site SPSE http://www.spse.fr/fr/accueil/index.html ). Sur ce même site SPSE se vante que ses installations soient reconnues d'intérêt général. Je vous laisse faire l'addition des bénéfices annuels des sociétés détentrices du capital de SPSE, sociétés qui ne manqueront pourtant pas d'ergoter sur leur responsabilité face à un Etat qui sera une fois de plus incapable de taper du poing sur la table et d'exiger une véritable participation financière pour tenter de réduire les effets de cette catastrophe. Toutes les sociétés pétrolières et chimiques devraient par anticipation subir un prélèvement sur leurs bénéfices pour alimenter un fonds de sauvegarde du patrimoine naturel, géré par l'Etat. Ce dispositif éviterait que ces groupes, d'arguties juridiques en procédures d'appel, finissent par s'exonérer en tout ou partie de leurs responsabilités. Il va de soi naturellement, que ce fonds n'empêcherait nullement  de poursuivre les groupes fautifs devant les tribunaux. Ce fonds ne serait que la contrepartie du risque que font courir des investisseurs privés à l'humanité par leur recherche incessante de profits.

05.08.2009

SERGENT AUX ARRÊTS DE RIGUEUR

        Nouvelle dérive de Libération hier, qui sous couvert de son "label" presse de gauche continue en fait de savonner la planche au parti socialiste. Ainsi, dans son éditorial, François Sergent revient sur l'initiative de trois députés socialistes qui ont rendu public le détail de leurs indemnités parlementaires. Sergent constate que cette initiative a été mal perçue, notamment à droite, ce qui ne l'empêche pas de conclure en des termes peu aimables que Martine Aubry devrait exiger que tous les élus du PS fassent de même. A croire que Sergent et Joffrin recherchent un poste dans l'audiovisuel. La concurrence sera rude, Olivenne étant manifestement également sur les rangs.

04.08.2009

DE LA CARTE VITALE A LA CARTE BANCAIRE

        La loi hôpital, patients, santé et territoire, dite loi Bachelot vient d'être votée. Il ne faut pas compter sur ce texte pour améliorer ni la situation financière des hôpitaux, ni l'accès aux soins dans les territoires ruraux. En revanche, les actionnaires de la Générale de Santé peuvent se frotter les mains en attendant d'avoir des rhumatismes articulaires. Nous reviendrons ultérieurement sur ce texte. Dans l'immédiat, voici un conte (en est-il un vraiment?) imaginé par Valérie Fourneyron, députée PS, à l'occasion des débats sur la loi à l'Assemblée Nationale.

La scène se déroule dans un hôpital de province. Nous sommes en 2045, cent ans après la création de la sécurité sociale, dont les jeunes générations se souviennent vaguement comme d’un système de solidarité généreux et déficitaire, progressivement abandonné au profit d’une logique de rentabilité rapidement investie par des groupes de santé détenus par des fonds d’investissement multinationaux.

La modernisation, la rationalisation de l’hôpital engagée à partir du début du XXIe siècle s’est accélérée. Les mécanismes importés du secteur marchand, les règles du new management public s’imposent naturellement à tous, dans un système devenu ouvertement concurrentiel entre établissements. L’objectif est d’accélérer au maximum les réponses, tout en réduisant les coûts. Les crédits du ministère de la santé et de feu la sécurité sociale ont été rattachés directement au ministère du budget, et leur répartition entre les hôpitaux – ceux qui ont survécu à la carte hospitalière des années 2010 – se fait explicitement à partir de l’analyse de leurs performances.

Le décor est planté. À présent, la scène. Un jeune médecin fraîchement nommé responsable du service de gériatrie d’un établissement hospitalier de province reçoit une femme de 82 ans qui présente un cas classique de fracture du col du fémur nécessitant une intervention : une prothèse de hanche. Une consultation rapide du logiciel de contrôle de gestion de l’hôpital lui indique les tarifs en vigueur de la T2A version 111 pour l’acte en question. Ennuyé, il se rend compte que tout dépend du nombre de jours d’hospitalisation. Si l’opération se déroule bien, la patiente sortira au bout de six jours, et l’hôpital sera gagnant, le seuil de rentabilité atteint. Mais si des complications surviennent, l’hospitalisation durera plus longtemps et l’hôpital perdra de l’argent. Le jeune médecin fronce les sourcils. Il a en effet conscience qu’une partie de sa rémunération est variable, calculée selon des indicateurs de performance très clairs : volume d’actes médicaux mensuels, marges réalisées sur les opérations, nombre de personnels du pôle, taux de couverture.

Le jeune médecin décide de consulter le directeur financier de l’hôpital, son référent direct lorsqu’il est confronté à un cas compliqué. Ce monsieur, recruté il y a huit mois, a consacré une partie de sa carrière professionnelle à optimiser les profits des assureurs bien cotés du CAC. Dès son arrivée, il est intervenu directement dans les choix de la communauté médicale, veillant à ce que tout le monde respecte le mot d’ordre général qui régit l’hôpital depuis des années : « retour sur investissement ».

Suzanne, en plus de sa fracture du col du fémur, est atteinte de maladie d’Alzheimer. Son dossier vient d’ailleurs d’être refusé par la clinique voisine, qui renvoie systématiquement les patients lourds, peu rentables, vers l’hôpital. Le jeune médecin soupire, bien décidé à rejoindre à la première occasion son maître en médecine, expert renommé de la valve cardiaque artificielle implantable par cathéter, passé dans le privé trois ans plus tôt parce que ses conditions d’exercice ne lui permettaient plus d’exercer sa spécialité, mal tarifée à la T2A.

01.08.2009

AGIR AU BURQA PAR CAS

        Selon une récente enquête des Renseignements Généraux, moins de 400 femmes porteraient en France la burqa. Cela ne peut que renforcer ma conviction que légiférer sur un tel sujet est une aberration. Toutefois, l'essentiel n'est pas dans ce chiffre: le combat pour l'émancipation des femmes sera gagné non pas lorsqu'elles ne porteront pas la burqa parce que c'est interdit mais quand elles ne la porteront plus parce qu'elles l'auront décidé. Le gouvernement se donne une bonne conscience à bon compte. Il lui est plus facile de faire de l'agitation autour de la burqa que de traiter vraiment les problèmes de violence conjugale, de harcèlement, d'inégalités de tous ordres...Pourquoi? Parce que dans ces cas là il s'agit de dénoncer et de punir des comportements de certains de nos concitoyens, et non d'agiter le chiffon rouge (vert?) de l'Islam. C'est évidemment moins porteur électoralement... 

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