18.10.2009

DEUX POIDS, DEUX MESURES

        La manifestation des agriculteurs qui s'est déroulée vendredi est riche d'au moins deux enseignements. En premier lieu, on notera qu'elle a a été l'occasion pour la FNSEA de se refaire une virginité, car si les drapeaux de cette organisation flottaient haut et droit en tête des cortèges, ils étaient plutôt en berne ces derniers mois, nombre d'agriculteurs commençant à trouver que l'on était passé un peu vite du compromis à la compromission. En second lieu, on relèvera que bien que les déprédations aient été importantes ainsi que j'ai pu en juger aux abords de la préfecture de Loire-Atlantique, police et justice se sont montrées plus clémentes qu'avec les ouvriers de Continental. Il ne s'agit pas de justifier les exactions parce qu'elles sont commises par tel ou tel, mais simplement de souligner que comme d'habitude les saccages paysans restent sans suite, ce qui n'est pas le cas lorsqu'il s'agit d'ouvriers.

15.10.2009

PRINCIPAUTE DES HAUTS DE SEINE

        Dans le cadre de la réforme des collectivités territoriales, il serait peut-être opportun de rebaptiser les Hauts de Seine, Sarkozye, tant les pratiques dans ce département semblent s'affranchir de plus en plus des us et coutumes attendus d'une démocratie. Si certains, dans d'autres enceintes, se voient promis un croc de boucher, d'autres ici connaissent une ascension fulgurante quitte à piétiner quelques hommes et quelques principes. Mais l'ordre règne, Don Pasqua et Don Balkany veillent. Il paraît en revanche qu'il y a un contrat sur la tête de Don Devedjian. Même dans la majorité, certains commencent à la trouver saumâtre. Le plus sidérant reste l'aplomb avec lequel, dans le même temps, le président de la République, à l'occasion d'un discours sur la réforme des lycées, vante la réussite qui ne doit rien au privilège de la naissance et tout au mérite personnel. C'est en fait une des clés des techniques de communication de Nicolas Sarkozy: on lui reproche une décision, il reprends le principe qui sous-tend cette décision et le dénonce avec virulence.

11.10.2009

POLANSKI

        Juste un mot sur ce qu'il est désormais convenu d'appeler "l'affaire Polanski". Un dossier est en cours aux Etats-Unis et les juges sont fondés à poursuivre leur travail. Nous ne pouvons pas à gauche, protester à juste titre contre la dérive de la justice française, servile avec les puissants et impitoyable avec les gens modestes, et dans le même temps manifester contre ces poursuites sous prétexte qu'il s'agit d'un cinéaste talentueux. J'aurais aimé par ailleurs, que les ministres qui se sont exprimés sur cette affaire, parfois avec véhémence, aient montré autant de pugnacité pour faire libérer par exemple Aung San Suu Kyi.